mercredi 24 décembre 2008

Le chemin de l'ecole





L’envie de mourir le reprend. Ce n’était pas la 1ère fois qu’il pense au suicide, et dans de tels moments ça lui fait même bizarre de ne pas penser aux conséquences, à la douleur de couper ses veines, ou de son estomac s’il avale la boite à pilules d’un coup. Une douleur supplémentaire qui va mettre fin à sa souffrance, ne peut être qu’une solution.
Si dure est la vie, si sombres sont les nuits et les jours qui passent en solitude. Son carnet est rempli de peine.
La douleur est finie par être une part de lui, il respire le chagrin, il se sent mal et il sent le mal en lui. Son cœur sombre, et un nuage gris contemple ses yeux. Rien ne compte, rien ne vaut la peine de continuer, rien ne lui fait du bien.
Il allume une cigarette, souffle sa fumée soigneusement devant lui. Il prend tout son temps pour arriver enfin à se perdre dans cette fumée loin de ses pensées.
Il écrase finalement le reste de sa cigarette sous sa chaussure, éloigne ses yeux vers l’horizon. Désespéré, il tente de retrouver le goût de la cigarette dans sa bouche, mais il n’y a plus de plaisir en lui, une sensation amère ne cesse de le regagner de nouveau plus intense qu’avant.
Il a envie de crier : « j’ai mal ». Il a envie que ces montagnes arrivent à décoder son crie, que tout le monde l’entend dire : « j’ai mal…j’en ai marre d’avoir mal…j’en ai marre de cette vie… » Mais il n’arrive pas à crier, même pas à la dire à haute voix. C’est comme si la douleur a enterré avec elle, en lui, sa voix, sa force…
Huit heures du matin, il s’habille, expose son sourire à l’heure de petit déjeuner devant ses parents, sa petite sœur, sort pour prendre le chemin de l’école. A pieds, pendant quatre ans, la même route. Il marche sans trop réfléchir, ça devient une tranche de sa réflexion, les mêmes détails chaque jour. Les yeux baissés, son manteau mouillé laisse le froid geler son corps.
Il pleut tranquillement avec des petites gouttes rythmées. Il commence à écouter des voix, les élèves commencent à venir de partout. Il s’arrête un moment pour traverser la route, il lève les yeux pour jeter un coup d’œil sur les voitures.
Ses yeux se figent sur son visage, elle marche de l’autre coté du trottoir, son sourire le perturbe, il remarque le bonhomme marchant auprès d’elle. Son regard sombre d’un coup, il fait quelques pas vers l’avant, s’arrête sans qu’elle s’échappe.
A un moment, elle se tourne vers lui, son regard atteint les siens. C’était comme un rêve, une voiture klaxonne, son corps allongé par terre, ses yeux tournés vers elle, il ne sentait plus la douleur, juste la sensation bizarre quand il aperçoit son regard, sa peur. Sur ses lèvres, il a pu lire : « le pauvre garçon ! Va-t-il survivre ? »
Il fait un geste pour se lever, mais son corps était paralysé par la douleur, le sang coulait de partout. Ses gambes lui faisaient mal, son ventre, sa tête, tout en lui est blessé. Il retourne les yeux vers elle, elle le regarde avec pitié, puis se tourne pour continuer son chemin.
La douleur le renferme dans le délire, il la suit avec son regard.
Chaque pas qu’elle fait, une goutte de lumière s’éteint en lui, et une goutte de noir l’entoure. Sa silhouette devient un bout de flamme lointain qui tremblait dans le flou de sa vision perturbée.
Il ne sait plus pourquoi cette larme glissait depuis sa paupière sur son visage mouillé. Veut elle mettre fin à sa douleur ou a-t-elle pitié de son âme qui a choisi une autre voie que la silhouette qui l’a abandonné ?
L’ambulance venait du loin, le corps n’était plus qu’un corps…


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1 commentaires:

Anonyme a dit…

as much sympathy I had for this boy, I have enjoyed reading this note to the last!
you're so talented ☺!!
keep on writing ^^

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:)) ;)) ;;) :X :(( =(( :-o :-* :| :)] :-t
b-( :-L :-/ o_O :D ;) :p :) :( 8-) ^^

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