mardi 18 août 2009

JE N’AVAIS QUE ONZE ANS : des extraits






Je ne me suis pas libéré complètement de cette terreur d’enfant que je porte en moi depuis qu’on s’est connus. Elle est toujours présente pour me rappeler ton existence. Je n’ai plus besoin de toi pour souffrir, je sais le faire tout seul, comme un grand. Je prends la parole pour me libérer de ton emprise malgré le regard tabou que la société porte trop souvent sur les victimes.

Je veux parler pour ceux qui sont morts. Je veux parler pour les survivants. Pour ceux qui vivent présentement ce drame. Je veux que tous ces gens trop indulgents me lisent et qu’ils sentent jusqu’à quel point ils nous font mal. Je veux qu’ils soient témoins de nos souffrances. Je veux qu’ils souffrent de nous voir souffrir. Je veux lever le voile pour me « dévioler ». Je sais qu’il va me lire, car il se sent parfois coupable. Il dit avoir été « un peu gauche ». Il a seulement laissé échapper un peu de sperme !

Combien je dois souffrir pour te rencontrer de nouveau. Qu’il m’est difficile de retourner sur les lieux de ton crime et de laisser les souvenirs émerger dans ma tête. J’ai encore tellement mal après toutes ces années. De sentir ta bouche sur mon pénis, alors qu’il n’y avait pas d’érection possible chez le petit enfant que j’étais.

Cet écrit est la libération ultime pour un enfant qui n’a pas réussi à te dénoncer malgré ses tentatives répétées. Je lui demande donc, à cet enfant de onze ans, de renaître par la voix de l’adulte que je suis devenu, pour témoigner de l’horreur du drame des enfants agressés par des adultes qui ont la responsabilité de les éduquer.

Je me demande si ça se répare, un humain. Parfois, il m’arrive de regarder un enfant de onze ans, et je n’en reviens tout simplement pas. Il est si fragile, si petit et sans défense, devant un adversaire aussi coriace que toi.
Que penses-tu ? Que fais-tu, en ce moment ? Qui est ta prochaine cible ? Je regarde l’enfant que tu as détruit en moi : il refuse de faire confiance ! Tu es un voleur d’enfance. Tu sais, je voudrais te dire qu’il est urgent de te dénoncer, mais je ne suis pas rapide avec mes émotions.
Je bloque, j’ai des conduites compulsives, je me détruis, et ma rage n’est pas toujours bien dirigée. Je me demande combien de gens j’ai fait souffrir en prenant des détours pour arriver à te démasquer. Je me pose des questions. Et toi ? Je suis pour toi un objet de soulagement de ta libido. Es-tu heureux, en ce moment ? Pas moi !

Des jours et des nuits de noirceur totale sur ma petite vie. La dépression naissait de l’isolement, cette punition extrême pour un fugueur rebelle qui osait déjà critiquer un système inhumain. Une retraite forcée. La haine de l’adulte chez un enfant malheureux. Une lutte sans fin entre un enfant et le monde des « grands ».
Dans le silence de cette pièce, je rêvais d’évasion, je rêvais d’un monde meilleur dans lequel les adultes aiment les enfants et veulent vraiment les aider.

(Extraits de : JE N’AVAIS QUE ONZE ANS - La pédophilie : un crime contre la personne - Jacques Benoit)

(Source : jacquesbenoit.ca)

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2 commentaires:

Anonyme a dit…

JE CROIS QUE VOUS NE COMPRENEZ PAS MON MESSAGE. JE DEMANDE DE METTRE LA SOURCE, DONC www.jacquesbenoit.ca ! MERCI DE ME RESPECTER !
Jacques Benoit

Anonyme a dit…

Bonjour, veillez enlever le livre de votre site. Il est en téléchargement direct. Merci

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:)) ;)) ;;) :X :(( =(( :-o :-* :| :)] :-t
b-( :-L :-/ o_O :D ;) :p :) :( 8-) ^^

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