lundi 11 janvier 2010

Désir défendu






Ils entrent dans leur chambre, chacun s’assoit sur un coté du lit. Ils se regardent sans lever les yeux, comme s’ils avaient peur que leurs regards se croisent. Il lit des reproches dans ses yeux. Ils s’aiment mais ne sont pas heureux. Ensemble, sur le même lit, et pourtant ils ne peuvent pas se toucher. Il la regarde, comme elle est belle ! Ses yeux lui parlent d’elle, de la souffrance qu’il lui incarne. Il admire le tremblement de ses jolies lèvres hésitant entre lui parler et le désirer. Il fuit ses regards, des reproches, elle lui a déjà fait, et elle avait raison. Il avait cette envie envahissante de s’approcher d’elle, de la prendre dans ses bras et de parcourir son corps parfumé par le bout de sa langue, de la déchirer de plaisir, de la sentir trembler entre ses mains, de tatouer son envie sur chaque coin, sur chaque centimètre et ne s'arrêter que lorsque le sommeil chatouille ses yeux et la nuit approche de sa fin. Et tout le monde parlera ainsi du vampire qui a fait l’amour à la belle humaine qui ne sera plus jamais la même après cette nuit.
Et chaque nuit, elle attend, et il rentre pour la regarder, l’admirer avec désir et amour sans pouvoir la toucher.
Signe d’amour, signe de haine, la belle lui a demandé de partager avec elle ce moment unique, mais il a exalté sa peine. L’aimer est il pour lui un pêcher, et lui approcher fait il de lui un traitre de leur amour inachevé.
Elle lui dit : « Pourquoi me faire souffrir, par ta présence chaque nuit, si prendre la fuite a arrangé ta vie ? Chaque jour tes yeux me tuent en survolant mes traits et tes lèvres me promettent et ne font que renaitre l’envie, et je finis par me réveiller le matin seule dans mon chagrin et sur ma bouche le reste d’un baiser que t’as oublié de signer sa fin ! »
Et il répond triste : « Pardonne moi… j’ai jamais voulu te faire du mal… alors que je ne fais que ça »
Combien va-t-elle pleurer encore sous son drap, elle qui ne sait plus comment haire l’amour de sa vie et aimer le tueur de son cœur tremblant d’envie. Et lui qui tue la flamme qui grandit en lui, chaque jour en la voyant, et qui garde le courage de lutter contre son désir pour ne pas finir par arroser ses yeux d’un chagrin plus douloureux et vivre avec l’ombre d’une femme et le regret d’une nuit en flamme.
Il s’approche d’elle, elle tourne ses yeux fuyant son visage, mais ses lèvres l’appellent d’un ton qui l’affaiblit. Le refuser pour elle était une absurdité, comment rejeter le corps de l’être qu’elle adorait ? Un bonheur qui ne dure que le temps d’un baiser, un moment de plaisir aussi court, aussi frustré. Elle s’en dort dans ses bras, et il veille sur elle comme un joli dessin, en regardant ses yeux fermés, sentant ses tendres lèvres chuchotant un « je t’aime » qui rêve d’un câlin, et cette odeur de parfum qui lui fait tourner la tête comme une bouteille de vin. Et quand elle ouvre les yeux, elle ne le trouve nulle part, le soleil réchauffe son lit, elle est seule sous son drap, elle est belle, amoureuse mais jamais auprès de lui.
Et comme chaque nuit, chacun d’entre eux s’assoit d’un coté. L’envie dans leurs yeux ne finit jamais. Et ça commence toujours par un « pourquoi.. ? » pour finir par un câlin et un seul baiser qui n'assouvit jamais leur faim.


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1 commentaires:

illusions a dit…

Une autre facette de l'amour non déclaré verbalement par une femme, une femme qui n'ose pas demander et n'ose jamais faire un premier pas.
Est ce la nature des choses ou simplement c'est la socialisation qui a imposé ce comportement?

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:)) ;)) ;;) :X :(( =(( :-o :-* :| :)] :-t
b-( :-L :-/ o_O :D ;) :p :) :( 8-) ^^

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