dimanche 17 juin 2012

City Camp Tunisia - Barcamp national de Bizerte : J'y étais !





J’ai pu assister hier, samedi 16/06/2012, au second barcamp national du projet CityCamp Tunisia qui s’est tenu à Bizerte.

CityCamp Tunisia : Qu’est ce que c’est ?


Le concept du CityCamp est un barcamp ou non-conférence axé sur l’innovation pour les municipalités et les organismes communautaires.
En tant que non-conférence, le contenu pour le CityCamp n’est pas programmé pour une audience passive. Il est plutôt créé et organisé par les groupes de travail sélectionnés et coordonnés par des coordonnateurs régionaux, sous la coupe du coordonnateur national. Cela donne un excellent format de création et d’échanges ouvert axé sur l’action. [source]

Le Barcamp national de Bizerte



L’ISET de Bizerte a accueilli le second barcamp national du projet CityCamp Tunisia, hier 16 juin 2012, un évènement organisé par l'association locale "C'est à vous de changer Bizerte". Voilà le programme détaillé du barcamp :


Interventions & Workshops


Il y a eu plusieurs interventions intéressantes surtout à propos de l’Open Gov, l’Open Data, Open Street Map, Wikis for cities. Des workshops animés par des spécialistes ont aussi eu lieu. Voilà un aperçu sur quelques interventions :


- Open Gov : j'ai raté le workshop, mais je vous envoie directement sur le site de l'équipe Open Gov TN.


Et voilà l'intervention d'un des créateurs de cette équipe par skype au Barcamp de Bizerte :



Video streaming by Ustream

- Open Street Map : il s’agit d’un clone libre et open source de Google Maps. L’idée de l’équipe était de faire participer le plus grand nombre de tunisiens à ce petit projet qu’est la cartographie de la Tunisie (remplir la carte de la Tunisie en ajoutant les endroits connus, les rues, les universités, les hôpitaux, ..)


L’équipe a aussi parlé de son intention de développer une app mobile et un site web qui permet d'aider les citoyens de signaler des problèmes dans la rue, localiser et prendre une photo de ce problème (par exemple présence des déchets dans une telle ruelle). Une solution existe déjà en Grande Bretagne et à Bruxelles “Fix My Street” : C'est une façon de signaler les problèmes facilement, preuve à l’appui, aux autorités concernées (la municipalité).

- Open Data & Data journalism : je n’ai pu que voir le film, qui parle de l'importance de l'OpenData et commet elle a pu améliorer considérablement le niveau de santé dans une ville très pauvre au USA. Voilà le film qui était diffusé :


J’étais pas présente au workshop sur le Data Journalism, animé par Fabrice Epelboin, mais voilà une vidéo de ce dernier :



Video streaming by Ustream


- Wikis For Cities : une présentation de 2 solutions proposées par des citoyens de la ville de Sayada. Il s’agit de :
  • Ville De Sayada : c’est un portail web de la ville de Sayada sous drupal qui contient surtout des PV et billets permettant aux citoyens de cette ville de Sousse de consulter par exemple les dépenses de la municipalité.
  • Wikis for cities : Tout le monde connait Wikipédia, le wiki très populaire. Il s’agit ici d’avoir un wiki pour chaque ville. A titre informatif, le wiki est une sorte de site collaboratif et informatif que tout le monde peut alimenter avec des informations. Pourquoi pas un wiki pour chaque ville ? Sur le wiki, on peut trouver toutes les infos utiles : par exemple les noms des rues, des universités, des écoles .. ça aide à s’orienter. Les citoyens de Sayada ont déjà leur propre Wiki : MediaWiki.

Conclusion et Réflexions


Pour clôturer l’évènement, le public présent ainsi que les animateurs des workshop ont étaient invités à proposer un plan d’action : comment doit on conduire le projet ?

Voilà mes réflexions sur cet évènements (il s'agit bien de réflexions !)

- Il faut prendre en considération la nature de la société civile

D’abord, le projet est innovent dans son ensemble, d’après ce que j’ai compris, il s’agit d’un truc totalement participatif, avec financement du banque mondial. Les experts sont là pour encadrer et appuyer la société civile, ou du moins ses représentants (ceux qui sont présents), afin de dégager des idées sur des projets futurs (applications citoyennes qui répondent à leurs besoins).
Néanmoins, il faut savoir que le principe est tout nouveau dans notre société, en effet, ces experts internationaux pour la majorité, doivent savoir qu’en Tunisie, y a pas eu de telles projets qui demandent des réflexions collectives. A un certain moment, on se voit noyé dans un ensemble d’idées, et malgré que le coordinateur de projet a bien souligné l’importance de la coopération et l’approche participative, on s’est retrouvé sans repères concrets.

- S’organiser en groupes de travail

Pour ma part, je crois que pour avancer, il ne suffit pas d’organiser des barcamp par ci et par là, quand les conclusions n’aboutissent pas à de réelles réflexions qui peuvent conduire le projet. Le mieux, c’est de s’organiser en groupes de travail selon les grands axes ciblés : environnement, santé, trafic routier .. ces groupes doivent être conduits par des experts dans le domaine, des représentants de la société civile, et organiser des petits workshops. Ces workshops peuvent être faits virtuellement, par exemple dans un forum spécifique ouvert à tout le monde, avec un workshop dans chaque ville participant au projet ensuite. Les groupes doivent être ouverts (selon le principe de transparence et de collaboration).

- La société civile presque absente !

Malgré la présence de plusieurs personnes qui ne sont pas impliquées directement dans l’organisation de ce Barcamp ou aussi du CityCamp, je devrai signaler que la société civile était quasiment absente ! Problème de médiatisation ? Peut être .. mais je dois quand même dire qu’il ne suffit pas d’avoir des gens présents pour dire qu’on fait participer la société civile !
En terme de participation, il aurait été mieux de sortir sur place, d’aller chercher le citoyen, qui ne participe pas à tous les évènements, qui ne consulte toujours pas le net, les pages fb, .. distribuer des formulaires et sondages, parce que oui, on est dans une société qui oblige encore de faire appel à ces méthodes traditionnelles ! Tu ne vas pas recenser les besoins de toute une société en prenant un échantillon de jeunes diplômés, d’étudiants en TIC ! Et encore, on peut avoir des solutions plus pratiques si on va les chercher là où on doit : au coeur de la société !
C’est ensuite que viendra le rôle des développeurs et spécialistes en TIC : concrétiser ces solutions, sortir avec un cahier de charge qui recense ces besoins réels et donner des solutions techniques adéquates qui sont à la fois concrètes, utiles, faciles à utiliser et à moindre cout. Certes, il y aurait des considérations à prendre : une app mobile n’est pas utilisable par tout le monde (en Tunisie), un site web peut ne pas être consulté par tout le monde, une solution informatique peut demander une initiation voire une formation pour apprendre aux gens à l’utiliser .. mais de l’autre coté, il faudrait aussi signaler que ces solutions ne sont pas seulement pour aujourd’hui, car le but ultime est de changer le mode de vie et imaginer un peu la société du futur, cette société qui sera plus penchée sur le numérique qu’aujourd’hui !

- Il faut pas bruler les étapes !

J’étais étonnée en entendant le coordinateur parler de solutions rapides et utilisables. Il s’agit d’un grand projet national, le but c’est de sortir avec des solutions, certes, mais pas n’importe comment !
Je m’explique : imaginez une app mobile qui donne les horaires des bus et trains. Cette dernière doit être alimentée par des dataset provenant des sociétés nationales de transport. Or si on est en train de suivre une approche pointée sur l’Open Data, il faudra commencer par les données, pour ensuite commencer à développer des prototypes (parce qu’il ne s’agit vraiment pas d’applications définitives et complètes, mais de simples prototypes à expérimenter sur les villes et à améliorer au fur et à mesures afin de corriger les bugs, ajouter des fonctionnalités, faire d’eux les plus personnalisables possibles pour être facilement fonctionnels sur d’autres villes ..).
Le point de départ devrait être alors le système d’information ! C’est le point le plus délicat de tout le projet, à mon avis. Il faut dès maintenant savoir de quelles données avons nous besoin et si elles existent déjà !

- L’université : c’est par là qu’il faut commencer ..

En France par exemple, tout projet national fait intervenir les universités. En effet, quand il s’agit d’un projet de recherche et d’innovation, il faudrait avoir comme principaux contributeurs et acteurs : l’industrie et l’université. Les prototypes peuvent être des solutions développés par les étudiants dans le cadre de projets de fin d’études, voire de master (par exemple, dans ce projet, on aura certainement besoin de fouille de données, ou d’effectuer des statistiques ..) .. quand les données deviennent publiques et accessibles on peut très bien lancer des projets de recherche là dessus.

- Le politicien : cet acteur majeur presque absent !

Il suffit pas de voir le maire d’une ville au barcamp pour dire que le pouvoir politique contribue au projet ! Il faut avoir à la fois la réelle volonté de changer les choses et de contribuer avec tous les moyens possibles au projet. Qu’est ce que tu es prêt à donner et à faire pour ce projet ? C’est la question que doit répondre chaque politicien ! Il n'y avait aussi aucun représentant des sociétés de transport, des associations environnementales ou de ministères de la santé, ..

- Les médias : ce deuxième acteur presque absent !


L’évènement d’hier n’avait aucune couverture médiatique à part celle de l’équipe de Tunisia Live qui a même proposé des vidéos en streaming, chose très bizarre d’ailleurs. Nos médias sont ils occupé de couvrir quelques batailles salafistes quelques parts dans ce bled (ou en train d'assurer la couverture de la conférence de BCS plutôt) ? Et nos médias locaux ?!! Je me rappelle qu'on a une radio à Bizerte (Oxygène FM) et même plus (radio bizerte) !

- Par où commencer ?

Il y a des choses qu’on peut déjà commencer à faire, comme par exemple les wiki et les portails web des villes. ça demande pas énormément de travail, surtout quand c’est collaboratif et que tout le monde y participe.

Un dernier mot : Je félicite toute l'équipe (organisatrice et participante) qui travaille pour bien mener ce City Camp, et j'invite tout le monde à y participer, car c'est à nous tous d'imaginer la société de demain !

Repères :

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1 commentaires:

pret a dit…

Tiens, c'est original ça! Je ne connaissais pas ces "wikis for cities". Cela a déjà été lancé en Europe? ça marche vraiment (en terme de fréquentation)?

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:)) ;)) ;;) :X :(( =(( :-o :-* :| :)] :-t
b-( :-L :-/ o_O :D ;) :p :) :( 8-) ^^

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